CONCLUSIONS DU COMITE DU
PRIX DE LA FONDATION MO IBRAHIM
Cette récompense, decernée par une Fondation africaine, est une célébration des accomplissements ayant lieu en Afrique.
Les accomplissements du Président Chissano pour apporter la paix, la réconciliation, une démocratie stable, et le progrès économique à son pays ont grandement impressioné le comité. Il en va de même de sa décision de ne pas briguer un troisième mandat, pourtant autorisé par la constitution.
Le Président Chissano arriva au pouvoir après avoir gagné les premières élections multipartistes de son pays. Ces élections historiques eurent lieu deux ans seulement après qu’il aidé, par la conclusion de négociations, à mettre fin à la guerre civile qui ravageait le Mozambique depuis 16 ans, qui avait fait des milliers de morts et forcés beaucoup d’autres à fuir leur maison. Il dirigea un pays dont l’économie et les infrastructures étaient ruinées, dont la société était profondément divisée et qui avait souffert de nombreuses catastrophes naturelles.
Il reste encore de nombreux défis, mais pendant les deux mandats de Joaquim Chissano, le Mozambique établit une économie stable, dont la croissance est aujourd’hui solide et des investissements étrangers directs accrus. Cette économie est une des “success-stories” les plus en vogue du continent africain.
Bien que le Mozambique soit encore un des pays les plus pauvres du monde, la pauvreté a diminué. Les programmes de réduction de la pauvreté virent une augmentation du nombre de enfants scolarisés et une amélioration des soins médicaux. De plus, il fut donner aux femmes les moyens de participer à la vie politique et économique du pays.
De vastes efforts ont été fait pour reconstruite les hôpitaux et les écoles détruites pendant la guerre civile prolongée que connût le Mozambique. Le gouvernement montra également de grandes qualités de “leadership” dans sa lutte contre le SIDA.
Mais c’est en faisant passer le Mozambique d’une ère de conflits à une ère de paix et de démocracie, que le Président Chissano a apporté sa plus grande contribution. Le fait que des opposants pendant la guerre civile s’affrontent dorénavant de manirère pacifique lors d’élections nationales et régionales atteste du changement extraordinaire qui s’est produit au Mozambique. Cette remarquable réconciliation est un exemple éclatant pour le reste du monde et témogne de la force de caractère et des qualités de “leadership” de Joaquim Chissano.
Sa décision de ne pas briguer un troisième mandat réenforca la démocratie au Mozambique et apporta la preuve que désormais les institutions et le processus démocratique du pays étaient plus importants que les personnalités politiques.
Le Président Chissano a également joué un rôle très important en dehors des frontières de son pays. Il fut une puissante voix pour l’Afrique sur la scène internationale et eut une implication déterminante pour mettre à l’ordre du jour la diminution de la dette. Il fut Président de l’assemblee des chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union Africaine. Ses qualités et son expérience dans la résolution des conflits furent récemment utilisées lors des élections en République Démocratique du Congo et lorsqu’il fut Envoyer Spécial des Nations-Unies dans le nord de l’Uganda. Pour la manière dont il fut Président, et pour ses implications plus récentes, il est très estimé à travers le continent africain.
Pour toutes ces raisons, le Président Joaquim Alberto Chissano est déclaré premier lauréat du Prix Mo Ibrahim récompensant les accomplissements d’un leader africain.
